Parker Ito



Exhibition catalogue
Co-workers, the Network as artist
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris & Paris-Musées
2015, Paris
In French
 

Les peintures, installations et vidéos de Parker Ito re ètent un monde où le rapport à l’art ne se limite pas à une expérience physique mais s’accompagne d’une diffusion et d’une multiplication des images sur Internet. Œuvres et expositions, qui sont photographiées et dont les photos sont publiées en ligne, engendrent leur propre documentation de façon simultanée. Parker Ito met en scène ces différences de statut et de perception des œuvres à la fois dans l’espace réel et dans l’espace virtuel : il

Ses œuvres semblent faire partie d’un réseau plus large, presque organique, qui mélange références, communications, collaborations ou identités, et augmente d’autant leur visibi- lité. Pour The Most Infamous Girl in the History of the Internet (2010-2013), il demande à une société chinoise de créer une série de pein- tures à partir d’une même photographie choisie dans une banque d’images numé- riques et déjà largement diffusée, donnant l’opportunité à qui le souhaite de continuer la série. Il adopte aussi de multiples surnoms selon les œuvres – Parker Ito est aussi Parker Cheeto, Parker Burrito ou Deke2 – et parti- cipe à de nombreuses plateformes (Paint FX, JstChillin).

La série intitulée Son of Cheeto comprend vingt-quatre peintures qui synthétisent ces processus. Elle constitue le dernier ensemble d’œuvres faisant référence au surnom « Cheeto » et vient clore un cycle d’expositions qui a débuté en 2013 au centre d’art IMO à Copenhague, Parker Cheeto : The Net Artist (America Online Made Me Hardcore), et qui s’est poursuivi en 2015, dans un lieu alternatif de Los Angeles, avec la réalisation d’une installation monumen- tale et proliférante, A Lil Taste of Cheeto in the Night.

Ces peintures sont composées de 3M Scotchlite, un matériau ré échissant, iridescent et hypersensible à la lumière, uti- lisé dans l’industrie automobile, ainsi que d’images sérigraphiées et d’impressions UV recouvertes d’une pellicule de vinyle. La combinaison de ces matériaux donne aux peintures, et à leurs motifs, une apparence changeante selon qu’elles sont photographiées ou perçues physiquement, ce qui rend impossible la xation d’une image unique.

Produites à l’occasion de l’exposition Co-Workers, ces peintures rassemblent une imagerie inspirée des espaces, de l’histoire et de la collection du musée d’Art moderne mais aussi des œuvres et artistes présentés dans l’exposition. Elles donne- ront également des indications, fantasmées ou réelles, sur les prochaines œuvres de Parker Ito.

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Texts






Anaïs Lepage is an independent curator, writer, art historian and lecturer.

Trained in art history at the École du Louvre, in museum studies at the University of Quebec in Montreal and in curatorial studies at the Sorbonne University, she has multiplied her experiences in France and abroad. She began at the Maison Rouge in Paris, at the Museum of Contemporary Art in Montreal, and alongside Guillaume Désanges at the Verrière - Hermès Foundation in Brussels. Then, she became involved as assistant curator at the Museum of Contemporary Art in Chengdu in China, at the Museum of Modern Art in Paris and at the Louis Vuitton Foundation.

With a fondness for collective dynamics, she co-founded the Heiwata curatorial platform, based in Paris, Mexico City and Toronto, and participates in the queer and feminist workshop How to Suppress Universty Writing led by Émilie Noteris. Recently, she has collaborated with AICA International, CNEAI, the Palais de Tokyo, the Cité Internationale des arts and the Drawing Lab in Paris. Since 2019, she is teaching exhibition curating at the Paris 1 Panthéon-Sorbonne University. 

Her research focuses on the excesses and secrets of art history linked to sensitivities and spiritualities as well as postcolonial, gender and feminist studies. She is particularly attached to words, forms and gestures generated outside of a rationalist thinking : drawing on occult and mystical sources; or being inspired by affective flows, emotions and the sentimental life. Practices that often cross issues of resistance, struggle, healing, and relationship to the living. She has developed projects with artists such as Madison Bycroft, Julien Creuzet, Ad Minoliti, and Daniel Otero Torres, among others.

Deploying a holistic conception of curating, she also reflects on the forms of writing about art by shifting the critical, fictional and intimate registers during collaborations, performances and podcasts.

Inspired by radical pedagogies, she began researching the “emotional labor” that operates in the positions of curator,  lecturer, and art worker.

Over the course of meetings and projects, she has developed a particular interest in the artistic scenes of the Americas and the Caribbean, Scandinavia and South Africa.

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Anaïs Lepage est commissaire d’exposition indépendante, historienne de l’art et autrice.

Formée en histoire de l’art à l’École du Louvre, en muséologie à l’Université du Québec à Montréal et en études curatoriales à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, elle multiplie les expériences en France et à l’étranger. Elle débute à la Maison Rouge à Paris, au Musée d’art contemporain de Montréal et aux côtés de Guillaume Désanges à la Verrière – Fondation Hermès à Bruxelles. Elle s’investit ensuite en tant que commissaire assistante au Musée d’Art Contemporain de Chengdu en Chine, au Musée d’Art Moderne de Paris, et à la Fondation Louis Vuitton.

Affectionnant les dynamiques collectives, elle a cofondé la plateforme curatoriale HEIWATA, basée entre Paris, Mexico et Toronto, et participe à l’atelier d’écriture queer et féministe How to SupPRESS Universty Writing mené par Émilie Noteris. Récemment, elle a collaboré avec l’AICA International, le CNEAI, le Palais de Tokyo et la Cité Internationale des arts à Paris. Depuis 2019, elle enseigne le commissariat d’exposition à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Ses recherches portent sur les excès et les secrets de l’histoire de l’art en lien avec des sensibilités et des spiritualités ainsi que les études postcoloniales, de genre et féministes. Elle s’attache particulièrement aux mots, aux formes et aux gestes générés hors d’une pensée rationaliste : puisant dans des sources occultes et mystiques ; ou s’inspirant de flux affectifs, d’émotions et de la vie sentimentale. Des pratiques qui traversent souvent les questions de résistance, de lutte, de réparation, et de relation au vivant. Elle a ainsi développé des projets avec des artistes tels que Madison Bycroft, Julien Creuzet, Ad Minoliti, et Daniel Otero Torres, entre autres.

Déployant une conception holistique du commissariat, elle réfléchit également aux formes d’écritures sur l’art en déplaçant les registres critique, fictionnel et intime lors de collaborations, de performances et de créations radiophoniques.

Inspirée par les pédagogies radicales et engagées, elle commence une recherche sur le “travail émotionnel” à l'oeuvre dans les rôles de commissaire d'exposition, d'enseignante et de travailleuse de l’art.  

Au fil des rencontres et des projets, elle a développé un intérêt particulier pour les scènes artistiques des Amériques et des Caraïbes, Scandinave et d’Afrique du Sud.
 



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