Rachel Rose



Exhibition catalogue
Co-workers, the Network as artist,
Musée de la Ville de Paris
Paris, 2015

In French


Les premières installations vidéo de Rachel Rose traitent des relations entre nature et culture,

La réalisation de ses œuvres résulte d’un processus de recherche associant des matériaux hétéroclites – images trouvées sur Internet, séquences documentaires qu’elle réalise, transposition d’espaces en trois dimensions. Chaque projet est l’occa- sion d’un questionnement philosophique et s’accompagne d’expérimentations cinématographiques : une caméra télé- commandée permet de zoomer au plus près d’éléments éloignés, ce qui donne un caractère physique à l’image (Palisades in Palisades, 2014) ; les contours et les mouve- ments d’une gure lmée en prise de vues réelle sont dèlement retranscrits dans un lm d’animation au moyen de la rotoscopie numérique (A Minute Ago, 2014).

Sa première vidéo, Sitting Feeding Sleeping (2013), est composée comme un collage visuel réalisé à partir du logiciel Adobe Premiere. Elle fait suite à ses recherches sur le concept de « deathfullness », état dans lequel un être est bien vivant tout en ayant le sentiment d’être mort car coupé de ses sen- sations ou de son environnement. L’artiste a visité plusieurs zoos américains, le laboratoire de recherche « Machine Perception Lab » de l’université de Californie, à San Diego, et un laboratoire de cryogénie, dans l’Arizona. Dans cette vidéo, la perte de l’ins- tinct animal, la reproduction des émotions humaines par des machines et le maintien en vie de façon arti cielle sont mis sur un même plan : les extraits documentaires tournés au cours de ce voyage, les cap- tures d’écran d’ordinateur et des vues de peintures iconiques se superposent dans une alternance de rythmes saccadés et de séquences plus contemplatives. Avec une voix dont la tonalité a été corrigée, modulée, rendue légèrement métallique au moyen du logiciel Auto-Tune, l’artiste commente la vidéo avec distance, ce qui accentue l’impression de ottement, entre objectivité et introspection.

L’œuvre se présente ainsi comme une variation sur l’évolution des espèces, la colonisation des espaces naturels, la modification de la vie rendue possible par le progrès technique, l’évolution de la conception et du statut de la mort. Grâce à une écriture filmique à la fois poétique, contemplative et précise, le sens émerge de la confrontation des points de vue, sans donner de réponse unique.

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Anaïs Lepage is an independent curator, writer, art historian and lecturer.

Trained in art history at the École du Louvre, in museum studies at the University of Quebec in Montreal and in curatorial studies at the Sorbonne University, she has multiplied her experiences in France and abroad. She began at the Maison Rouge in Paris, at the Museum of Contemporary Art in Montreal, and alongside Guillaume Désanges at the Verrière - Hermès Foundation in Brussels. Then, she became involved as assistant curator at the Museum of Contemporary Art in Chengdu in China, at the Museum of Modern Art in Paris and at the Louis Vuitton Foundation.

With a fondness for collective dynamics, she co-founded the Heiwata curatorial platform, based in Paris, Mexico City and Toronto, and participates in the queer and feminist workshop How to Suppress Universty Writing led by Émilie Noteris. Recently, she has collaborated with AICA International, CNEAI, the Palais de Tokyo, the Cité Internationale des arts and the Drawing Lab in Paris. Since 2019, she is teaching exhibition curating at the Paris 1 Panthéon-Sorbonne University. 

Her research focuses on the excesses and secrets of art history linked to sensitivities and spiritualities as well as postcolonial, gender and feminist studies. She is particularly attached to words, forms and gestures generated outside of a rationalist thinking : drawing on occult and mystical sources; or being inspired by affective flows, emotions and the sentimental life. Practices that often cross issues of resistance, struggle, healing, and relationship to the living. She has developed projects with artists such as Madison Bycroft, Julien Creuzet, Ad Minoliti, and Daniel Otero Torres, among others.

Deploying a holistic conception of curating, she also reflects on the forms of writing about art by shifting the critical, fictional and intimate registers during collaborations, performances and podcasts.

Inspired by radical pedagogies, she began researching the “emotional labor” that operates in the positions of curator,  lecturer, and art worker.

Over the course of meetings and projects, she has developed a particular interest in the artistic scenes of the Americas and the Caribbean, Scandinavia and South Africa.

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Anaïs Lepage est commissaire d’exposition indépendante, historienne de l’art et autrice.

Formée en histoire de l’art à l’École du Louvre, en muséologie à l’Université du Québec à Montréal et en études curatoriales à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, elle multiplie les expériences en France et à l’étranger. Elle débute à la Maison Rouge à Paris, au Musée d’art contemporain de Montréal et aux côtés de Guillaume Désanges à la Verrière – Fondation Hermès à Bruxelles. Elle s’investit ensuite en tant que commissaire assistante au Musée d’Art Contemporain de Chengdu en Chine, au Musée d’Art Moderne de Paris, et à la Fondation Louis Vuitton.

Affectionnant les dynamiques collectives, elle a cofondé la plateforme curatoriale HEIWATA, basée entre Paris, Mexico et Toronto, et participe à l’atelier d’écriture queer et féministe How to SupPRESS Universty Writing mené par Émilie Noteris. Récemment, elle a collaboré avec l’AICA International, le CNEAI, le Palais de Tokyo et la Cité Internationale des arts à Paris. Depuis 2019, elle enseigne le commissariat d’exposition à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Ses recherches portent sur les excès et les secrets de l’histoire de l’art en lien avec des sensibilités et des spiritualités ainsi que les études postcoloniales, de genre et féministes. Elle s’attache particulièrement aux mots, aux formes et aux gestes générés hors d’une pensée rationaliste : puisant dans des sources occultes et mystiques ; ou s’inspirant de flux affectifs, d’émotions et de la vie sentimentale. Des pratiques qui traversent souvent les questions de résistance, de lutte, de réparation, et de relation au vivant. Elle a ainsi développé des projets avec des artistes tels que Madison Bycroft, Julien Creuzet, Ad Minoliti, et Daniel Otero Torres, entre autres.

Déployant une conception holistique du commissariat, elle réfléchit également aux formes d’écritures sur l’art en déplaçant les registres critique, fictionnel et intime lors de collaborations, de performances et de créations radiophoniques.

Inspirée par les pédagogies radicales et engagées, elle commence une recherche sur le “travail émotionnel” à l'oeuvre dans les rôles de commissaire d'exposition, d'enseignante et de travailleuse de l’art.  

Au fil des rencontres et des projets, elle a développé un intérêt particulier pour les scènes artistiques des Amériques et des Caraïbes, Scandinave et d’Afrique du Sud.
 



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