Allan Villaviciencio
The green ray




Solo show
Maelle Galerie, Paris, France
04.05 - 05.25.19
French bellow


A green ray is a atmospheric phenomenon, an illusion produced by a variance in the perception of the horizon and the earth’s curve. At dawn or dusk – and only when the weather is fine – a green ray forms above the upper rim of the solar disk as it rises or sets. Its causes – be they scientific, poetic or literary – and the rarity of its appearance make it a metaphor for the horizon as promise, continuation and construction.In this exhibition, Allan Villavicencio assembles a new series of works, in a configuration especially designed for the gallery space and in affinity with this optical manifestation. Here, he continues his experimentation with painting as perception: visual perception, sensible or material perception, and physical perception. For him, painting is an accumulation of matter and sensations. His practice oscillates between a formal relation to a pictorial object, and a gestural and intuitive process that includes the traces and hazards of chance.

Taking inspiration from the spatial experimentation characteristic of Mexican muralism, from the sensations of navigation in 3D virtual landscapes, and from the energy of the urban environment, this exhibition is conceived of as a total landscape. It brings together three corpuses: a mural painting, encaustic paintings, and what Allan Villavicencio calls volume “projections” of paintings. The constant shifts between these different ensembles – between the narrative figuration of a deconstructed tropicality and the distance of abstract motifs – encourage layered readings and the ambiguity of relations. The mural section sketches a space in motion in which the notion of centre is evacuated, as is the possibility of omnisciently embracing the ensemble. The encaustic paintings, for their part, return to an ancient technique to depict fragments of visions. The volume projections constitute an array of ersatz and residues of the landscape in the space.

Devised through different procedures of excavation and aggregation, this « landscape-fragment » is infused with a tension between a sentiment of immersion and a fractured, piecemeal character whose coherence is broken in places. Based on a classical motif of art history, Villavicencio convokes a symbolic narrative of the occupation of space far from the so-called neutrality of perspective. Fictitiously prolonging Hito Steyerl’s reflections on the horizon and falling, he brings together two systems of spatial construction: the plasticity of mural painting and the disorientation of virtual spaces. He draws on its refusal of a unified horizon, an often hallucinatory phantasmagory, a sensation of imbalance associated with a heightened and sped-up sensorial stimulation – and a political dimension of the composition.


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À l’aube ou au crépuscule — et seulement par temps clair — un éclair vert vient, parait-il, surplomber l’astre solaire tandis que celui-ci s’évanouit ou surgit derrière une étendue lointaine. Phénomène atmosphérique, illusion de la vision, effet de distance et de lumière, ou simple écart entre la perception de la ligne d’horizon et la courbe réelle de la terre ?

En affinité avec cette manifestation et le trouble qu’elle suscite, l’artiste mexicain Allan Villavicencio poursuit ici ses recherches autour de la peinture comme perception sensible et physique. S’inspirant des expérimentations spatiales propres à la tradition du muralisme mexicain, des espaces virtuels digitaux et de carnets d’observation des Alpes suisses, Villavicencio conçoit cette exposition comme un paysage total.

Celui-ci rassemble peintures murale, à l’acrylique et projections en volume. Le glissement constant entre la figuration d’une tropicalité déconstruite et des motifs abstraits engendre une ambiguïté des relations.
Elaboré selon divers procédés d’excavations et d’agrégations, ce “paysage-fragment” esquisse un espace mouvant où les idées de centre et de périphéries m’ont plus lieu d’êre. Cultivant une tension entre un sentiment d’immersion et un caractère éclaté, sa cohérence est rompue par endroit.

S’inspirant des écrits de l’artiste et théoricienne Hito Steyerl sur l’horizon, Allan Villavicencio convoque et s’approprie ici un récit symbolique et codifié de l’espace A la perspective linéaire de la peinture de paysage classique, et a l’horizon unifié de l’ailleur comme exotisme, il oppose la désorientation et l’hybridation.

“La Recherche du rayon vert” se déploie ainsi dans une combinaison de couleurs et de formes qui tient du camouflage, du trompe-l’œil autant que du mirage, à l’image de l’observation du phénomène dont elle décrit l’attente. Dans une réflexion sur l’en cours et le fini, il en serait de l’acte pictural comme de la quête du Rayon Vert : celle d’un prétexte à la recherche du visible et du déséquilibre, de l’éclatement, un temps, des perspectives.

Exhibitions




Texts




About



Anaïs Lepage is an independent curator and writer based in Paris.

Trained in Art History at the École du Louvre, in Museum Studies at the Université du Québec à Montréal (UQAM), and in Curatorial Studies at the Paris I Pantheon-Sorbonne University, Lepage multiplies experiences in France and abroad. She started at the Maison Rouge - Foundation Antoine de Galbert in Paris, at the Museum of Contemporary Art in Montreal and, alongside Guillaume Désanges, at the Verrière - Hermès Foundation in Brussels. Then, she worked as assistant curator at the Museum of Contemporary Art in Chengdu, the Museum of Modern Art in Paris, and the Louis Vuitton Foundation.

 With a fondness for collective dynamics, she co-founded the HEIWATA curatorial platform, based in Paris, Mexico City and Toronto, and participates in the queer and feminist writing  workshop How to SupPRESS Universty Writing led by Émilie Noteris. She has collaborated with AICA International, CNEAI, the Palais de Tokyo and the Cité Internationale des arts in Paris. Since 2019, she is teaching exhibition curating at the Sorbonne University. 

Her research focuses on the excesses and secrets of art history in connection with sensitivities and spiritualities as well as postcolonial, gender and feminist studies. She is particularly attached to words, forms and gestures generated outside of rationalist thinking  : drawing on occult and mystical sources; or being inspired by affective flows, emotions and the sentimental life. Practices that often cross issues of resistance, struggle, healing, and ecosystems preservation.

Deploying a holistic conception of curating, she question the forms of writing about art by shifting critical, fictional and intimate narratives in collaborations, performances and podcasts.
 
Infuenced by radical pedagogies, she begins a research on the  emotional labor in her positions of curator, teacher, and art worker. 

She has developed a particular interest in the artistic scenes of the Americas and the Caribbean, Scandinavia and South Africa.

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Anaïs Lepage est commissaire d’exposition indépendante, historienne de l’art et autrice.

Formée en histoire de l’art à l’École du Louvre, en muséologie à l’Université du Québec à Montréal et en études curatoriales à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, elle multiplie les expériences en France et à l’étranger. Elle débute à la Maison Rouge à Paris, au Musée d’art contemporain de Montréal et aux côtés de Guillaume Désanges à la Verrière – Fondation Hermès à Bruxelles. Elle s’investit ensuite en tant que commissaire assistante au Musée d’Art Contemporain de Chengdu en Chine, au Musée d’Art Moderne de Paris, et à la Fondation Louis Vuitton.

Affectionnant les dynamiques collectives, elle a cofondé la plateforme curatoriale HEIWATA, basée entre Paris, Mexico et Toronto, et participe à l’atelier d’écriture queer et féministe How to SupPRESS Universty Writing mené par Émilie Noteris. Récemment, elle a collaboré avec l’AICA International, le CNEAI, le Palais de Tokyo et la Cité Internationale des arts à Paris. Depuis 2019, elle enseigne le commissariat d’exposition à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Ses recherches portent sur les excès et les secrets de l’histoire de l’art en lien avec des sensibilités et des spiritualités ainsi que les études postcoloniales, de genre et féministes. Elle s’attache particulièrement aux mots, aux formes et aux gestes générés hors d’une pensée rationaliste : puisant dans des sources occultes et mystiques ; ou s’inspirant de flux affectifs, d’émotions et de la vie sentimentale. Des pratiques qui traversent souvent les questions de résistance, de lutte, de réparation, et de préservation des écosystèmes.

Déployant une conception holistique du commissariat, elle réfléchit également aux formes d’écritures sur l’art en déplaçant les registres critique, fictionnel et intime lors de collaborations, de performances et de créations radiophoniques.

Inspirée par les pédagogies radicales et engagées, elle commence une recherche sur le “travail émotionnel” à l'oeuvre dans les rôles de commissaire d'exposition, d'enseignante et de travailleuse de l’art.  

Au fil des rencontres et des projets, elle a développé un intérêt particulier pour les scènes artistiques des Amériques et des Caraïbes, Scandinave et d’Afrique du Sud.