Co-worker,
The Network as Artist






Musée d’art moderne de la Ville de Paris
From 9 October 2015 to 31 January 2016 
Mise en scène : DIS
89plus team : Simon Castets, Hans-Ulrich Obrist, Julie Boukobza, Katherine Dionysius

Exhibition curators : Angeline Scherf, Toke Lykkeberg, Jessica Castex, Anaïs Lepage, assistant curator


With : Sarah Abu Abdallah & Abdullah Al-Mutairi, Aids-3D, Ed Atkins, Trisha Baga, Darja Bajagić, Douglas Coupland, DIS, David Douard, Cécile B.Evans, Valia Fetisov, GCC, Parker Ito, Christopher Kulendran Thomas, Clémence de La Tour du Pin & Dorota Gaweda & Egle Kulbokaite, Shawn Maximo, Nøne Futbol Club, Aude Pariset & Juliette Bonneviot, Pin-Up, Bunny Rogers, Rachel Rose, Bogosi Sekhukhuni & Tabita Rezaire, Ryan Trecartin, Timur Si-Qin, Jasper Spicero.

With the participation for The Whet Bar space of : AUJIK, Josh Bitelli, Brace Brace, Ian Cheng, Cuss Group, Future Brown, Max Hawkins, Saemundur Thor Helgason, Nicholas Korody, K-Rizz, Oliver Laric, Mark Leckey, Daniel Steeegmann Mangrané, Felix Melia, Simon Dybbroe Møller, Wyattt Niehaus, Yuri Pattison, Puppies Puppies, Fatima al Qadiri, Monira al Qadiri, Jon Rafman, Celebrite Seaborn, Emily Segal, Shanzhai Biennial, Fred Spencer, Hito Steyerl, Telfar, Amalia Ulman, Juani VN, Santiago Villanueva & Mariela Scafati, Andrew Norman Wilson, Yemenwed, Zou Zaho…

With the world in the throes of the third industrial revolution, the use of the Internet and mobile telephone systems has triggered a new mode of communication hinging on an uninterrupted flow of information. While remaining independent, the user is connected to numerous networks –professional, technical, artistic, cultural – that recognise no geographic boundaries: a form of organisation symptomatic of what sociologist Barry Wellman calls "networked individualism". 
"The Internet of Things" revolves around the idea that humans are no longer the sole thinking entities – that the things around them constitute an environment termed "Ambient Intelligence".

Installations, videos, sculptures and paintings: the contributing artists explore a system of exchanges whose complexity outstrips the merely human scale. They investigate the way intelligence and consciousness can be extended to include machines, animals and other living organisms.

In a society marked by data acceleration and the omnipresence of images, these artists work within a culture of the visible, in which the boundaries between the private and public spheres are blurred and intimacy becomes "extimacy". In devising the exhibition' scenography DIS, known for its lifestyle platform DIS Magazine, has drawn on collective work spaces, shopping malls, and airport transit areas. The upshot is an event – a network of artworks, interactive installations and performances – that situates the museum in a world of data streaming and circulation. 

The exhibition themes will be the subject of talks and encounters integrated into The Island (KEN) created in collaboration wih Dornbracht, co-designed by Mike Meiré, a hybrid kitchen/bathroom space specially designed by DIS and coproduced with the New Museum in New York

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CO-WORKERS
Le réseau comme artiste 

Dans un monde bouleversé par la troisième révolution industrielle, l’utilisation d’Internet et des supports de téléphonie mobiles a engendré un nouveau mode de communication lié à un flux constant d’informations. L’individu  est  à  la  fois  indépendant et  relié  à  des  réseaux  multiples : professionnels, techniques, artistiques, culturels, au-delà de toute limite géographique. Cette organisation est symptomatique de ce que le sociologue Barry Wellman appelle « l’individualisme connecté ».

Ce qu’on nomme aujourd’hui The Internet of Things (l’Internet des choses), renvoie à l’idée que l’être humain n’est plus le seul sujet pensant mais que les objets qui l’entourent, composent un environnement intelligent qualifié d’Ambient Intelligence (Intelligence Ambiante).

Au travers d’installations, de vidéos, de sculptures, de peintures, les artistes explorent cette complexité d’échanges qui dépasse l’échelle humaine. Ils s’intéressent à la manière dont l’intelligence et la conscience peuvent s’étendre aux machines, aux animaux, aux organismes vivants. Dans une société caractérisée par l’accélération des données et l’omniprésence de l’image, les artistes s’inscrivent dans une culture de la visibilité, où les limites entre sphères privées et publiques s’estompent, où l’intimité devient « extimité ».

Pour concevoir la mise en scène de l’exposition, le collectif DIS, connu notamment pour leur plateforme liftestyle DIS Magazine, s’inspire des espaces de travail collectif, des centres commerciaux, des zones de transit d’aéroport. L’exposition prend ainsi la forme d’un réseau associant œuvres, installations interactives et performances. Elle inscrit le musée dans un monde de flux et de circulation.

Les thèmes abordés dans l’exposition feront l’objet de conférences et de rencontres au sein de The Island (KEN) créé en collaboration avec Dornbracht, co-designé par Mike Meiré, installation entre cuisine et salle de bain, spécialement conçu par DIS et coproduit avec le New Museum de New York.
 



Exhibitions views, “Co-Workers : The Network as Artist”, MAMVP, 2014. Courtesy of the artists & MAMVP © Pierre Antoine.

Exhibitions




Texts




About



Anaïs Lepage is an independent curator and writer based in Paris.

Trained in Art History at the École du Louvre, in Museum Studies at the Université du Québec à Montréal (UQAM), and in Curatorial Studies at the Paris I Pantheon-Sorbonne University, Lepage multiplies experiences in France and abroad. She started at the Maison Rouge - Foundation Antoine de Galbert in Paris, at the Museum of Contemporary Art in Montreal and, alongside Guillaume Désanges, at the Verrière - Hermès Foundation in Brussels. Then, she worked as assistant curator at the Museum of Contemporary Art in Chengdu, the Museum of Modern Art in Paris, and the Louis Vuitton Foundation.

 With a fondness for collective dynamics, she co-founded the HEIWATA curatorial platform, based in Paris, Mexico City and Toronto, and participates in the queer and feminist writing  workshop How to SupPRESS Universty Writing led by Émilie Noteris. She has collaborated with AICA International, CNEAI, the Palais de Tokyo and the Cité Internationale des arts in Paris. Since 2019, she is teaching exhibition curating at the Sorbonne University. 

Her research focuses on the excesses and secrets of art history in connection with sensitivities and spiritualities as well as postcolonial, gender and feminist studies. She is particularly attached to words, forms and gestures generated outside of rationalist thinking  : drawing on occult and mystical sources; or being inspired by affective flows, emotions and the sentimental life. Practices that often cross issues of resistance, struggle, healing, and ecosystems preservation.

Deploying a holistic conception of curating, she question the forms of writing about art by shifting critical, fictional and intimate narratives in collaborations, performances and podcasts.
 
Infuenced by radical pedagogies, she begins a research on the  emotional labor in her positions of curator, teacher, and art worker. 

She has developed a particular interest in the artistic scenes of the Americas and the Caribbean, Scandinavia and South Africa.

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Anaïs Lepage est commissaire d’exposition indépendante, historienne de l’art et autrice.

Formée en histoire de l’art à l’École du Louvre, en muséologie à l’Université du Québec à Montréal et en études curatoriales à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, elle multiplie les expériences en France et à l’étranger. Elle débute à la Maison Rouge à Paris, au Musée d’art contemporain de Montréal et aux côtés de Guillaume Désanges à la Verrière – Fondation Hermès à Bruxelles. Elle s’investit ensuite en tant que commissaire assistante au Musée d’Art Contemporain de Chengdu en Chine, au Musée d’Art Moderne de Paris, et à la Fondation Louis Vuitton.

Affectionnant les dynamiques collectives, elle a cofondé la plateforme curatoriale HEIWATA, basée entre Paris, Mexico et Toronto, et participe à l’atelier d’écriture queer et féministe How to SupPRESS Universty Writing mené par Émilie Noteris. Récemment, elle a collaboré avec l’AICA International, le CNEAI, le Palais de Tokyo et la Cité Internationale des arts à Paris. Depuis 2019, elle enseigne le commissariat d’exposition à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Ses recherches portent sur les excès et les secrets de l’histoire de l’art en lien avec des sensibilités et des spiritualités ainsi que les études postcoloniales, de genre et féministes. Elle s’attache particulièrement aux mots, aux formes et aux gestes générés hors d’une pensée rationaliste : puisant dans des sources occultes et mystiques ; ou s’inspirant de flux affectifs, d’émotions et de la vie sentimentale. Des pratiques qui traversent souvent les questions de résistance, de lutte, de réparation, et de préservation des écosystèmes.

Déployant une conception holistique du commissariat, elle réfléchit également aux formes d’écritures sur l’art en déplaçant les registres critique, fictionnel et intime lors de collaborations, de performances et de créations radiophoniques.

Inspirée par les pédagogies radicales et engagées, elle commence une recherche sur le “travail émotionnel” à l'oeuvre dans les rôles de commissaire d'exposition, d'enseignante et de travailleuse de l’art.  

Au fil des rencontres et des projets, elle a développé un intérêt particulier pour les scènes artistiques des Amériques et des Caraïbes, Scandinave et d’Afrique du Sud.