Quart d’heure américain





Mains d'Œuvres, Saint-Ouen
November 10 - 26, 2017
AICA International 50th International Congress
In collaboration with heiwata

French bellow

With : Robert Filliou, Joël Andrianomearisoa & Ivan Krassoievitch, Alex Ayed & Georgia Dickie, Cécile Bouffard & Matthieu Cossé, Corentin Canesson & Bastien Cosson, Martin Chramosta & Martina-Sofie Wildberger, Charlie Jeffery & Joshua Schwebel, Christopher Kulendran Thomas & Thu-Van Tran.

The expression quart d’heure américain refers firstly to a short period of time, a reversal of the rules of seduction during surprise-parties at the turn of 1960s-70s in France: a brief moment when girls invited boys to share a dance within a codified society. A popular practice soon obsolete in turn despite an apparent progressivism. It also refers to the famous quote by Andy Warhol, “In the future, everyone will be world-famous for 15 minutes” — a programmatic phrase which defines as much the access to this glory as its inevitable end.

Finally, in this moment it can refer to Robert Filliou’s work Danse-poème collectif [Collaborative Dance-Poem] (1962), performed by two people, each spinning a wheel. The activated work generates combinations of poems by the artist, a self-proclaimed “genius without talent” who continues the concept of the Fête Permanente [Permanent Party] and for whom time was a changing and subjective phenomenon.

Around Robert Filliou and aligned with Fluxus, the exhibition brings together fourteen international artists in pairs. They update objects, forms, language and knowledge for which use is now neglected.

Collaborating in symbiosis, coincidentally or formally associated, they combine drawing, sculpture, video, installation, poetry and performance. Sharing a same area for a period of time, they propose fictional or documentary stories with a diffuse geography celebrating the power of the useless against automatic productivity. Using works tainted with melancholy and absurdity, the artist duos produce dissonance and changing perceptions. They question main artistic, cultural and social values. The disuse becomes an act of resistance by dreamers, poets and outsiders. A step to the left in a world of speed.

Performances program
Video documentation 


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Quart d’heure américain

L’expression quart d’heure américain est d’abord le nom d’un laps de temps , une inversion des codes de séduction dans les surprises-parties au tournant des années 1960-1970 en France : un court instant où les filles étaient autorisées à inviter les garçons à partager une danse à deux au sein d’une société aux rôles codifiés. Une pratique populaire bientôt désuète à son tour malgré un progressisme apparent.

C’est aussi la phrase si célèbre d’Andy Warhol « À l’avenir, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale ». Une phrase programmatique qui définit autant l’accès à la gloire que la fin de celle-ci.
Enfin, ce pourrait être le temps accordé à l’usage de l’œuvre de Robert Filliou : Danse-poème collectif (1962), à performer à deux chacun(e) tournant une roue. Une œuvre à activer pour générer des combinaisons de poèmes de cet artiste autoproclamé « génie sans talent », poursuivant le concept de La Fête Permanente et pour lequel le temps était une donnée changeante et subjective.

« Quart d’heure américain » traite ainsi du phénomène de la désuétude comme contre-point. En linguistique, celle-ci traduit l’abandon d’un mot, mais aussi du sens de ce mot, d’une chose ou d’une habitude sociale qui n’est plus en usage. Elle décrit un sentiment plus qu’une idée d’obsolescence technique. Elle désigne ce qui a disparu, ce qui appartient au passé, par rapport à une actualité. « Quart d’heure américain » s’appuie sur ce concept de désuétude comme une notion positive, une nécessité, une force d’attraction, de contestation et d’opposition de l’art.

Autour de Robert Filliou et en affinité avec Fluxus, l’exposition réunit en duo quatorze artistes qui réactualisent des objets, des formes, des langages et des savoirs dont l’usage est désormais délaissé. Collaborant sur le mode de la symbiose, de l’association fortuite, ou de la confrontation formelle, ils allient dessin, sculpture, vidéo, installation, poésie et performance. Ils proposent des récits fictifs et documentaires à la géographie éclatée et célèbrent la puissance de l’inutile contre la productivité mécanique. Par leurs œuvres teintées de mélancolie et d’absurde, les duos d’artistes font l’expérience d’une dissonance, d’un renversement des regards. Ils interrogent les valeurs artistiques, culturelles et sociales dominantes. La désuétude devient un acte de résistance des rêveurs, des poètes et des marginaux. Un pas de côté dans la grande accélération du monde.

Pensée en mouvement, l’exposition est activée de façon performative, discursive ou sonore. Le 18 novembre 2017, artistes-théoriciens, performeurs et musiciens proposent une interprétation d’un duo, d’un artiste ou de la notion de désuétude.


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About



Anaïs Lepage is an independent curator, writer, art historian and lecturer.

Trained in art history at the École du Louvre, in museum studies at the University of Quebec in Montreal and in curatorial studies at the Sorbonne University, she has multiplied her experiences in France and abroad. She began at the Maison Rouge in Paris, at the Museum of Contemporary Art in Montreal, and alongside Guillaume Désanges at the Verrière - Hermès Foundation in Brussels. Then, she became involved as assistant curator at the Museum of Contemporary Art in Chengdu in China, at the Museum of Modern Art in Paris and at the Louis Vuitton Foundation.

With a fondness for collective dynamics, she co-founded the Heiwata curatorial platform, based in Paris, Mexico City and Toronto, and participates in the queer and feminist workshop How to Suppress Universty Writing led by Émilie Noteris. Recently, she has collaborated with AICA International, CNEAI, the Palais de Tokyo, the Cité Internationale des arts and the Drawing Lab in Paris. Since 2019, she is teaching exhibition curating at the Paris 1 Panthéon-Sorbonne University. 

Her research focuses on the excesses and secrets of art history linked to sensitivities and spiritualities as well as postcolonial, gender and feminist studies. She is particularly attached to words, forms and gestures generated outside of a rationalist thinking : drawing on occult and mystical sources; or being inspired by affective flows, emotions and the sentimental life. Practices that often cross issues of resistance, struggle, healing, and relationship to the living. She has developed projects with artists such as Madison Bycroft, Julien Creuzet, Ad Minoliti, and Daniel Otero Torres, among others.

Deploying a holistic conception of curating, she also reflects on the forms of writing about art by shifting the critical, fictional and intimate registers during collaborations, performances and podcasts.

Inspired by radical pedagogies, she began researching the “emotional labor” that operates in the positions of curator,  lecturer, and art worker.

Over the course of meetings and projects, she has developed a particular interest in the artistic scenes of the Americas and the Caribbean, Scandinavia and South Africa.

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Anaïs Lepage est curatrice indépendante, autrice, chercheuse et enseignante. 

Formée en histoire de l’art à l’École du Louvre, en muséologie à l’Université du Québec à Montréal et en études curatoriales à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, elle multiplie les expériences en France et à l’étranger. Elle débute à la Maison Rouge à Paris, au Musée d’art contemporain de Montréal et aux côtés de Guillaume Désanges à la Verrière – Fondation Hermès à Bruxelles. Elle s’investit ensuite en tant que commissaire assistante au Musée d’Art Contemporain de Chengdu en Chine, au Musée d’Art Moderne de Paris, et à la Fondation Louis Vuitton.

Affectionnant les dynamiques collectives, elle a cofondé la plateforme curatoriale HEIWATA, basée entre Paris, Mexico et Toronto, et participe à l’atelier d’écriture queer et féministe How to SupPRESS Universty Writing mené par Émilie Noteris. Récemment, elle a collaboré avec l’AICA International, le CNEAI, le Palais de Tokyo et la Cité Internationale des arts à Paris. Depuis 2019, elle enseigne le commissariat d’exposition à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Ses recherches portent sur les excès et les secrets de l’histoire de l’art en lien avec des sensibilités et des spiritualités ainsi que les études postcoloniales, de genre et féministes. Elle s’attache particulièrement aux mots, aux formes et aux gestes générés hors d’une pensée rationaliste : puisant dans des sources occultes et mystiques ; ou s’inspirant de flux affectifs, d’émotions et de la vie sentimentale. Des pratiques qui traversent souvent les questions de résistance, de lutte, de réparation, et de relation au vivant. Elle a ainsi développé des projets avec des artistes tels que Madison Bycroft, Julien Creuzet, Ad Minoliti, et Daniel Otero Torres, entre autres.

Déployant une conception holistique du commissariat, elle réfléchit également aux formes d’écritures sur l’art en déplaçant les registres critique, fictionnel et intime lors de collaborations, de performances et de créations radiophoniques.

Inspirée par les pédagogies radicales et engagées, elle commence une recherche sur le “travail émotionnel” à l'oeuvre dans les rôles de commissaire d'exposition, d'enseignante et de travailleuse de l’art.  

Au fil des rencontres et des projets, elle a développé un intérêt particulier pour les scènes artistiques des Amériques et des Caraïbes, Scandinave et d’Afrique du Sud.
 



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