The Insiders

a selection of works (1989-2009) from the jean pigozzi collection of contemporary african art





Fondation Louis Vuitton
April 26 - September 4, 2017
Assistant curator

French bellow


With : Frédéric Bruly Bouabré, Seni Awa Camara, Calixte Dakpogan, John Goba, Romuald Hazoumé, Seydou Keita, Bodys Isek Kingelez, Abu Bakarr Mansaray, Moké, Rigobert Nimi, J.D. ‘Okhai Ojeikere, Chéri Samba, Malick Sidibé, Pascale Marthine Tayou, Barthelemy Toguo.


This exhibition brings together fourteen emblematic artists from the Jean Pigozzi Collection of Contemporary African Art, presented as such in Paris for the first time.

In 1989, after visiting the “Magiciens de la Terre” exhibition, which came as a revelation to him, Jean Pigozzi called on André Magnin as adviser to put together a collection he sought to dedicate to artists living and working in sub-Saharan Africa. Their affinity in the progressive development of this tandem project presents a unique case. André Magnin travelled through the continent as apathfinder who could not rely on existing way marks. He gave priority to meeting the artists, focusing on the originality of their approach and the relevance of their works. This collection of works emcompasses different media – paintings, sculptures,installations, photographs, graphic arts – and presents a sizeable corpus for each artist.

The artists selected by Jean Pigozzi are all heirs to spiritual, scientific and technical knowledge. They express a wide variety of concerns through common themes: the the reuse of everyday objects in a different context – Calixte Dakpogan, Romuald Hazoumè – the relationship with the supernatural embedded in African thinking – Seni Awa Camara, John Goba, Barthélémy Toguo – the bond with popular culture – Seydou Keïta, Moke, Chéri Samba, Malick Sidibé – the appropriation of knowledge to master the world – Frédéric Bruly Bouabré, J.D. 'Okhai Ojeikere – the utopia of a better futur – Bodys Isek Kingelez, Abu Bakarr Mansaray, Rigobert Nimi.

Making a wider audience acquainted with these hitherto unknown artists was one of the founding aspects of this collection. The singularity of the works has made it possible to reveal one of the most fascinating sides of creativity in Africa between 1989 and 2009, the period in which the two protagonists worked together. It has revealed a scene now assured


︎︎︎


LES INITIÉS
Un choix d’oeuvres (1989-2009) dans la collection
d’art contemporain africain de Jean Pigozzi


Cette exposition réunit quatorze artistes emblématiques de la collection d’art africain contemporain de Jean Pigozzi, présentée pour la première fois à Paris en tant que telle.

En 1989, après la visite de l’exposition « Magiciens de la Terre » qui agit sur lui comme une révélation, Jean Pigozzi fait appel à André Magnin comme conseiller pour constituer une collection qu’il souhaite dédier aux artistes vivant et travaillant en Afrique subsaharienne. Leur complicité dans l’élaboration progressive de ce projet-tandem offre un cas unique. André Magnin parcourt alors le continent réalisant un travail de défricheur sans repères préalables, privilégiant la rencontre avec les artistes, l’originalité de leur démarche et la pertinence de leurs oeuvres. Cet ensemble d’oeuvres couvre différents médiums – peintures, sculptures, installations, photographies, arts graphiques – et présente pour chaque artiste, un corpus conséquent.

Les artistes retenus par Jean Pigozzi sont tous héritiers de savoirs spirituels, scientifiques et techniques. Ils expriment une grande variété de préoccupations à travers des thèmes communs : le détournement d’objets quotidiens – Calixte Dakpogan, Romuald Hazoumè –, le rapport au surnaturel ancré dans la pensée africaine – Seni Awa Camara, John Goba, Barthélémy Toguo –, le lien avec la culture populaire – Seydou Keïta, Moke, Chéri Samba, Malick Sidibé –, l’appropriation de la connaissance pour maîtriser le monde – Frédéric Bruly Bouabré, J.D. ‘Okhai Ojeikere –, et l’utopie d’un futur, garant d’un avenir meilleur - Bodys Isek Kingelez, Abu Bakarr Mansaray, Rigobert Nimi.

Faire découvrir ces artistes jusqu’alors méconnus à un public plus large a été au fondement de cette collection. La singularité des oeuvres a permis de révéler un des visages les plus fascinants de la création en Afrique de 1989 à 2009, période de collaboration entre les deux protagonistes. Elle a révélé une scène vouée désormais à un rayonnement pleinement international, et joue aujourd’hui un rôle prescripteur évident.



Exhibitions views, “The Insiders : a selection of works (1989-2009) from the Jean Pigozzi collection of contemporary African art”, Louis Vuitton Foundation, 2017 © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage.

Exhibitions




Texts




About



Anaïs Lepage is an independent curator and writer based in Paris.

Trained in Art History at the École du Louvre, in Museum Studies at the Université du Québec à Montréal (UQAM), and in Curatorial Studies at the Paris I Pantheon-Sorbonne University, Lepage multiplies experiences in France and abroad. She started at the Maison Rouge - Foundation Antoine de Galbert in Paris, at the Museum of Contemporary Art in Montreal and, alongside Guillaume Désanges, at the Verrière - Hermès Foundation in Brussels. Then, she worked as assistant curator at the Museum of Contemporary Art in Chengdu, the Museum of Modern Art in Paris, and the Louis Vuitton Foundation.

 With a fondness for collective dynamics, she co-founded the HEIWATA curatorial platform, based in Paris, Mexico City and Toronto, and participates in the queer and feminist writing  workshop How to SupPRESS Universty Writing led by Émilie Noteris. She has collaborated with AICA International, CNEAI, the Palais de Tokyo and the Cité Internationale des arts in Paris. Since 2019, she is teaching exhibition curating at the Sorbonne University. 

Her research focuses on the excesses and secrets of art history in connection with sensitivities and spiritualities as well as postcolonial, gender and feminist studies. She is particularly attached to words, forms and gestures generated outside of rationalist thinking  : drawing on occult and mystical sources; or being inspired by affective flows, emotions and the sentimental life. Practices that often cross issues of resistance, struggle, healing, and ecosystems preservation.

Deploying a holistic conception of curating, she question the forms of writing about art by shifting critical, fictional and intimate narratives in collaborations, performances and podcasts.
 
Infuenced by radical pedagogies, she begins a research on the  emotional labor in her positions of curator, teacher, and art worker. 

She has developed a particular interest in the artistic scenes of the Americas and the Caribbean, Scandinavia and South Africa.

︎

Anaïs Lepage est commissaire d’exposition indépendante, historienne de l’art et autrice.

Formée en histoire de l’art à l’École du Louvre, en muséologie à l’Université du Québec à Montréal et en études curatoriales à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, elle multiplie les expériences en France et à l’étranger. Elle débute à la Maison Rouge à Paris, au Musée d’art contemporain de Montréal et aux côtés de Guillaume Désanges à la Verrière – Fondation Hermès à Bruxelles. Elle s’investit ensuite en tant que commissaire assistante au Musée d’Art Contemporain de Chengdu en Chine, au Musée d’Art Moderne de Paris, et à la Fondation Louis Vuitton.

Affectionnant les dynamiques collectives, elle a cofondé la plateforme curatoriale HEIWATA, basée entre Paris, Mexico et Toronto, et participe à l’atelier d’écriture queer et féministe How to SupPRESS Universty Writing mené par Émilie Noteris. Récemment, elle a collaboré avec l’AICA International, le CNEAI, le Palais de Tokyo et la Cité Internationale des arts à Paris. Depuis 2019, elle enseigne le commissariat d’exposition à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Ses recherches portent sur les excès et les secrets de l’histoire de l’art en lien avec des sensibilités et des spiritualités ainsi que les études postcoloniales, de genre et féministes. Elle s’attache particulièrement aux mots, aux formes et aux gestes générés hors d’une pensée rationaliste : puisant dans des sources occultes et mystiques ; ou s’inspirant de flux affectifs, d’émotions et de la vie sentimentale. Des pratiques qui traversent souvent les questions de résistance, de lutte, de réparation, et de préservation des écosystèmes.

Déployant une conception holistique du commissariat, elle réfléchit également aux formes d’écritures sur l’art en déplaçant les registres critique, fictionnel et intime lors de collaborations, de performances et de créations radiophoniques.

Inspirée par les pédagogies radicales et engagées, elle commence une recherche sur le “travail émotionnel” à l'oeuvre dans les rôles de commissaire d'exposition, d'enseignante et de travailleuse de l’art.  

Au fil des rencontres et des projets, elle a développé un intérêt particulier pour les scènes artistiques des Amériques et des Caraïbes, Scandinave et d’Afrique du Sud.