This is not a fanfiction





Cneai art center, Pantin/Paris (FR)
December 2019 - March 2020
French bellow


A selection in Cneai’s collections with artworks, publications and sound works by :
Gérard Collin-Thiébaut, A Constructed World, Pascal Doury, Yona Friedman, Ryan Gander, Jef Geys, John Giorno, Haris Epaminonda, Genesis P-Orridge, Seth Price,Yann Sérandour, Leah Sing.



Through the prism of literary fanfiction adapted to the field of art, this selection offers a transversal reading of CNEAI’s collections : it gathers without any distinction of status an exhibition catalog, rare publications, artworks, and audio works in the form of vinyl or CD.

Realized by iconic contemporary artists and inspiring figures from the counter-culture of the 1960s–1980s, these productions are the result of a reflexion about the hierarchy between high and low culture. They question the distinction between artist and amateur, explore the limits between legitimate and illegitimate art, and open themselves to collective creations.


︎︎︎


Ceci n’est pas une fanfiction

“Ceci n’est pas une fanfiction” est le flirt imaginaire, mais pourtant proche du plagiat, entre deux oeuvres populaires : le slogan de  La Trahison des Images de  Renée Magritte, et le tube nihiliste post-punk du groupe  PIL, This is Not a Love Song.  À moins que ces déclarations aux allures de manifestes ne relèvent d'une intention à la fois subversive et amoureuse : réaliser une critique de la fascination des images et des mécanismes de reproduction tout en en épousant les contours et les stratégies. Au croisement d’une démarche artistique conceptuelle et du produit de la culture industrielle, “Ceci n’est pas une fanfiction” est aussi la rencontre avec les collections du Cneai à travers le prisme de la fiction amateur.

Cette sélection propose une lecture transversale des collections: elle rassemble sans distinction de statut un catalogue d’exposition, des publications rares, des multiples et des oeuvres audio sous forme de vinyle ou de CD issus de trois ensembles - les éditions du Cneai, les fonds FMRA et Yona Friedman. Réalisées par des artistes contemporains emblématiques et des figures iconiques de la contre-culture des années 1960-1980, ces productions sont le fruit d’une réflexion sur  la hiérarchie entre culture populaire et élitiste. Elles interrogent la distinction entre artiste et amateur, explorent les limites entre art légitime et illégitime et ouvrent à des modes de créations collaboratives.

Opérant suivant l’appropriation, la reprise, l'infiltration, la transposition, le prolongement ou encore la fragmentation et la dissémination de références, ces pièces agissent tels des “artefacts transfictionnels” identifiés par le spécialiste de paralittérature Richard Saint-Gelais, mais cette fois transposés dans le champ de l’art. Supposant que toute oeuvre s’inscrit dans une fiction tacite, elles  se glissent dans les interstices vacants des narrations passées et futures, développent des aspects non encore formulés, inventent de nouvelles relations et filiations, se permettent quelques ajouts et corrections, et créent des histoires alternatives. La notion d’auteur devient relative, les frontières des oeuvres, poreuses, et tout principe de linéarité et de continuité, obsolète.  Il s’agit de procédés similaires à ceux utilisés dans la  fanfiction , ce « récit proposé par un fan qui fait suite à une fiction préexistante ou en constitue une variation » sur divers supports médiatiques. Une forme de critique inventive et amateur à l’origine publiée au sein de fanzines papiers dont la popularité a été encouragée et décuplée par sa diffusion sur Internet.

Les apparitions subliminales et fragmentaires isolées de leur contexte d’origine (John Giorno, Lea Singer), les copies dérivées sur d’autres supports d’oeuvres existantes (Gérard Collin-Thiébaut, Yann Sérandour) ; les processus de création collectif et participatif (A Constructed World, Yona Friedman) ; le dévoilement des prémisses de la création (Ryan Gander, Haris Epaminonda, Seth Price) ; la collecte subjective d’une archive médiatique (Pascal Doury) ; ou encore la réinterprétation de standards de la culture populaire (Jef Geys, Genesis P-orridge) forment ainsi une série de récits possibles.

Sorte de traversée fictionnelle prolongeant les intentions des oeuvres, ce corpus représente aussi une singularité des collections du Cneai : l’élaboration mouvante et évolutive de récits parallèles de l’histoire de l’art à travers la conservation de formes fragiles d’adorations en même temps qu’une ode à la création indépendante. Ceci n’est pas une fanfiction, mais presque.

Exhibitions



Events




Texts




About



Anaïs Lepage is an independent curator, writer, art historian and lecturer.

Trained in art history at the École du Louvre, in museum studies at the University of Quebec in Montreal and in curatorial studies at the Sorbonne University, she has multiplied her experiences in France and abroad. She began at the Maison Rouge in Paris, at the Museum of Contemporary Art in Montreal, and alongside Guillaume Désanges at the Verrière - Hermès Foundation in Brussels. Then, she became involved as assistant curator at the Museum of Contemporary Art in Chengdu in China, at the Museum of Modern Art in Paris and at the Louis Vuitton Foundation.

With a fondness for collective dynamics, she co-founded the Heiwata curatorial platform, based in Paris, Mexico City and Toronto, and participates in the queer and feminist workshop How to Suppress Universty Writing led by Émilie Noteris. Recently, she has collaborated with AICA International, CNEAI, the Palais de Tokyo, the Cité Internationale des arts and the Drawing Lab in Paris. Since 2019, she is teaching exhibition curating at the Paris 1 Panthéon-Sorbonne University. 

Her research focuses on the excesses and secrets of art history linked to sensitivities and spiritualities as well as postcolonial, gender and feminist studies. She is particularly attached to words, forms and gestures generated outside of a rationalist thinking : drawing on occult and mystical sources; or being inspired by affective flows, emotions and the sentimental life. Practices that often cross issues of resistance, struggle, healing, and relationship to the living. She has developed projects with artists such as Madison Bycroft, Julien Creuzet, Ad Minoliti, and Daniel Otero Torres, among others.

Deploying a holistic conception of curating, she also reflects on the forms of writing about art by shifting the critical, fictional and intimate registers during collaborations, performances and podcasts.

Inspired by radical pedagogies, she began researching the “emotional labor” that operates in the positions of curator,  lecturer, and art worker.

Over the course of meetings and projects, she has developed a particular interest in the artistic scenes of the Americas and the Caribbean, Scandinavia and South Africa.

︎


Anaïs Lepage est curatrice indépendante, autrice, chercheuse et enseignante. 

Formée en histoire de l’art à l’École du Louvre, en muséologie à l’Université du Québec à Montréal et en études curatoriales à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, elle multiplie les expériences en France et à l’étranger. Elle débute à la Maison Rouge à Paris, au Musée d’art contemporain de Montréal et aux côtés de Guillaume Désanges à la Verrière – Fondation Hermès à Bruxelles. Elle s’investit ensuite en tant que commissaire assistante au Musée d’Art Contemporain de Chengdu en Chine, au Musée d’Art Moderne de Paris, et à la Fondation Louis Vuitton.

Affectionnant les dynamiques collectives, elle a cofondé la plateforme curatoriale HEIWATA, basée entre Paris, Mexico et Toronto, et participe à l’atelier d’écriture queer et féministe How to SupPRESS Universty Writing mené par Émilie Noteris. Récemment, elle a collaboré avec l’AICA International, le CNEAI, le Palais de Tokyo et la Cité Internationale des arts à Paris. Depuis 2019, elle enseigne le commissariat d’exposition à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Ses recherches portent sur les excès et les secrets de l’histoire de l’art en lien avec des sensibilités et des spiritualités ainsi que les études postcoloniales, de genre et féministes. Elle s’attache particulièrement aux mots, aux formes et aux gestes générés hors d’une pensée rationaliste : puisant dans des sources occultes et mystiques ; ou s’inspirant de flux affectifs, d’émotions et de la vie sentimentale. Des pratiques qui traversent souvent les questions de résistance, de lutte, de réparation, et de relation au vivant. Elle a ainsi développé des projets avec des artistes tels que Madison Bycroft, Julien Creuzet, Ad Minoliti, et Daniel Otero Torres, entre autres.

Déployant une conception holistique du commissariat, elle réfléchit également aux formes d’écritures sur l’art en déplaçant les registres critique, fictionnel et intime lors de collaborations, de performances et de créations radiophoniques.

Inspirée par les pédagogies radicales et engagées, elle commence une recherche sur le “travail émotionnel” à l'oeuvre dans les rôles de commissaire d'exposition, d'enseignante et de travailleuse de l’art.  

Au fil des rencontres et des projets, elle a développé un intérêt particulier pour les scènes artistiques des Amériques et des Caraïbes, Scandinave et d’Afrique du Sud.
 



︎ anais.lepage1[@]gmail.com
︎ anais_lepage
︎ english / français

www.heiwata.com

French CV
English bio